back
Download App
icon 0
icon TOP UP
rightIcon
icon History
rightIcon
icon Log out
rightIcon
icon Get the APP
rightIcon
Comment(s)
View
Chapters

Chapitre 1
Chapitre 1 Adena

Adena

Je m’appelle Adena Hayes. Autrefois, j’étais Adena Ottovelli, mais j’aurais dû m’appeler Cotti.

Voilà un an maintenant que mon père a été abattu froidement dans notre villa d’Huahine en Polynésie Française par un mercenaire impitoyable du nom de Devon.

Mon mari.

Je l’avais d’abord jugé hostile, et mon dieu ça oui, il n’était pas l’homme le plus bienveillant qui soit. Mais dans ma malchance, je l’ai séduit tout comme il m’a envouté. Devon est sans pitié, sans scrupules, sans vergogne, sans âme parfois.

Tout comme moi.

J’ai mené mes projets, il m’en a empêché, il m’a sauvé, à maintes reprises, m’a contrainte, m’a châtiée… Mais je pardonne toujours à Devon. Parce que l’amour que j’ai pour lui vaut toutes les souffrances du monde.

Il est mon âme sœur. Et je l’ai déjà perdu…Pris en otage par cette folle de sorcière rousse qui s’acharne à faire de ma vie un enfer.

Elle se sert des gens que j’aime. Devon évidemment, Serena, sa négociatrice, et surtout mon amie très chère, qui a bien failli donner sa vie pour moi, qui s’est démenée pour m’obtenir vengeance et qui a payé un prix bien élevé en Lettonie, puis en Roumanie à cause de ce putain d’enfoiré de Giovanni.

Quand je repense à ce qu’il a osé lui faire, je suis saisie d’une rage incommensurable. Et je lui ferai payer par n’importe quel moyen. Je l’ai toujours tenu, j’ai toujours su comment jouer avec la corde sensible de ses nerfs, il n’aurait jamais dû en arriver-là.

Il y a également Gabriel, notre gentil et doux de la bande, il apaise nos tensions respectives par son calme et sa manière irrémédiable de parvenir à tempérer les esprits les plus tourmentés. Il est talentueux d’une dimension solaire, beau comme un dieu et il me fait chavirer…

J’ai vécu un amour platonique intense avec lui durant la période où nous avions cru nos moitiés disparues à jamais alors qu’ils étaient sous la coupe d’Aliénor.

Elle a joué avec nous des semaines durant… Et j’en suis hystérique de rage contre elle.

Surtout maintenant… Je viens de la sortir d’un cercueil de plomb et elle m’a trahie avant même que notre nouvel accord n’entre en vigueur. Cette putain de démone a toujours cinq coups d’avance sur moi. Je la hais… Je la hais encore plus maintenant qu’elle a vendu mon secret.

Je suis au bord de l’évanouissement, toute mon assurance de la mission que je viens d’accomplir envolée par la peur viscérale que Devon m’inspire quand je constate avec quels yeux il me dévisage.

- Devon… Je…

- Tais-toi.

Son ton est implacable, je n’avais plus vu une telle attitude depuis… Des mois… Je sais qu’il attend que nous soyons seuls pour régler ses comptes avec moi. Je le vois s’assombrir de secondes en secondes. Je vois tous les démons de son âme se réveiller et s’enflammer dans son corps tout entier. Il a tout le pouvoir pour me terroriser.

Et l’objet de sa colère est légitime… Deux mois que je réfléchis à la façon dont je m’en sortirais si jamais il venait à apprendre ce que j’ai fait ce soir-là… Ce que j’ai perdu… Et que je monte un plan de secours au cas où les choses s’envenimeraient.

Mais je suis prise de court et enfermée dans cette cabine avec lui, et nos hommes. Aliénor et Nikolaï sont dans la chambre à l’arrière depuis le décollage, Kate et Scott sont aux petits soins pour elle.

Autour de nous, les soldats sont enjoués, décontractés de la mission qu’ils viennent d’effectuer alors que je me consume jusqu’à me cendrer et appréhende au plus haut point notre arrivée au Texas.

- Alors tu devrais fêter ça, qu’est-ce qu’il t’arrive ?! s’exclame James en s’affalant dans le fauteuil à côté du mien tandis que je garde une distance nécessaire entre Devon et moi.

Il m’ignore pour le moment, feignant une concentration maitrisée en discutant avec Frank, mon ancien garde du corps et Bill, l’un des hommes duquel il est le plus proche.

J’ose à peine lever les yeux vers mon ami, je ne sais pas quoi répondre.

- Devon va me tuer… murmurais-je en arrivant à peine à déglutir.

Je lui dis tout bas, c’est à peine un souffle… Moins qu’un murmure… Je suis littéralement tétanisée…

- Hein ?! Qu’est-ce que tu racontes ?

- Alors Adena ? Cette petite promenade en forêt t’a revigorée ? demande Marlon en s’asseyant dans le fau

teuil libre face à nous.

C’est l’une des dernières recrues de Preston. Il s’est chargé de l’embaucher dès que nous avons obtenu les accréditations gouvernementale grâce au concours d’Aliénor. Il remplace plus ou moins Jackson, qui bosse de son côté pour elle aussi.

Marlon est un homme impressionnant, il est plus grand que Devon et Gabriel de plusieurs bons centimètres et d’une carrure tout aussi imposante, il a de beaux yeux bleus, un visage charmeur brouillé par une barbe fournie et une tignasse de cheveux bruns épais assez longs qui tombent en mèches éparses sur son visage barbu… Je n’avais jamais vu autant de poils chez un homme, il ressemble à un animal sauvage, un homme préhistorique tout en ayant un caractère plutôt doux.

J’ai très mal pris son recrutement parce qu’il dispose des mêmes talents que les miens. C’est un ancien sniper de l’armée américaine, un vrai traqueur élevé par son gouvernement pour la chasse…

Evidemment, il prend un malin plaisir à se mesurer à moi et me prouver qu’il est meilleur. Je l’aime bien mais il m’exaspère, parce qu’il est doué et que j’ai le plus grand mal à le supplanter.

Il est plus calme que moi quand il faut se concentrer, il a des capacités de méditation que je ne suis pas encore en mesure d’atteindre. Nous nous entrainons ensemble par moments, quand il me lance un défi que je ne peux que relever.

Mais à cet instant, je n’ai pas envie de ses petites provocations. Je suis bouleversée par ce qui se trame dans la tête de mon diabolique de mari.

- Je ne suis pas d’humeur Marlon, laisse-moi tranquille…

Il fronce légèrement les sourcils alors que je regarde par le hublot en me demandant comment je vais faire pour justifier ce que j’ai fait, pour calmer la possession démoniaque de Devon, mais j’ai bien l’impression que je n’ai rien pour m’échapper cette fois… Aucune excuse ne sera suffisante à ses yeux.

- ça ne te ressemble pas de ne pas fanfaronner…

- Fous-moi la paix Marlon putain, c’est pas le moment.

- Dis-moi ce qu’il se passe… demande James en me fusillant du regard, pourquoi tu flippes ? Tout va bien…

- Non, tout ne va pas bien…

Je bondis de mon fauteuil quand j’entends la porte de la chambre s’ouvrir et m’apprête à interpeller Nikolaï lorsqu’une poigne ferme jusqu’à la tension douloureuse m’enserre le bras.

- Va t’assoir… Tu ne t’en sortiras pas cette fois.

Je me tourne et lève les yeux vers Devon et ce que j’y vois achève de me faire perdre tous mes moyens.

- Devon, il faut qu’on en parle ! Lâche-moi !

Il me pousse dans un fauteuil et m’attache avec la ceinture avant de poser les mains sur les accoudoirs puis de me toiser de son regard ténébreux envenimé de haine.

- Si j’étais toi, je me ferais tout petit, j’essayerais de disparaître et je fermerais ma gueule…Tu n’as pas idée de ce que je crève d’envie de te faire maintenant… Alors je te conseille de rester assise bien sagement et d’attendre que je décide de m’occuper de toi.

Il me coupe le souffle, me transperce l’âme de terreur…

- Bon qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! s’exclame James en se joignant à la conversation.

Tout le monde sait maintenant qu’il se passe quelque chose, tous les regards se sont tournés vers notre aparté.

- Personne ne s’en mêle, le premier qui me fait ne serait-ce qu’une réflexion prendra une balle, j’espère que je suis clair.

- Viens avec moi, lui dit alors Nikolaï de sa voix grondante et accentuée de slave.

Il l’entraine vers l’avant de l’avion et moi je n’ose plus bouger.

- Adena, c’est quoi ce délire ? demande Bill en se rapprochant du fauteuil où je suis assise.

- Je suis dans la merde… murmurais-je prise de vertiges houleux…

- Est-ce que tu veux qu’on intervienne ? m’interroge Tim, tout se passait bien, c’est quoi son problème ?

- Laissez tomber… Je…

Je n’arrive plus à trouver les mots, je suis totalement décontenancée.

- Tu veux qu’on passe un petit message à Gabriel ? Qu’il tempère un peu…

- Oh non, surtout pas… Il pourrait bien se rallier à Devon cette fois…

- Pas si son projet est de te punir comme il sait le faire quand il est très en colère…

Quand l’avion entame son atterrissage je suis liquéfiée, je sais que le couperet tombera bientôt… Je n’ai jamais eu aussi peu envie de rentrer.

Comment(s)
Download Book