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La capitaine by H. Emile Chevalier

La capitaine Chapter 1 LA CATASTROPHE

Halifax, colonie anglaise, dans l'Amérique septentrionale, est une jolie ville de vingt-cinq à trente mille ames.

Les navires à vapeur, affectés au service trans-atlantique, y font généralement escale, et s'y ravitaillent de charbon, eau, provisions diverses.

Capitale de la Nouvelle-écosse (péninsule à la pointe est du Nouveau-Monde, et qui offre sur l'Océan un front de deux cent quatre-vingts milles environ d'étendue), Halifax a été batie, en 1749, au fond d'une baie, par trois mille huit cents émigrants anglo-saxons, sur l'emplacement d'un poste fran?ais célèbre, sous le nom de Chibouctou, dans l'histoire de nos guerres avec la Grande-Bretagne.

Son port est beau, spacieux, commode, mais l'entrée on est encore difficile, quoiqu'on l'ait fort améliorée, dans ces derniers temps surtout.

En 1811, à l'époque où commence notre récit, l'accès de ce port présentait une foule d'écueils redoutés par les marins qui, dans leur langage imagé, l'avaient baptisée l'Avenue du Diable (Old Nick's Avenue.)

On y voyait des rochers énormes, à fleur d'eau, contre lesquels plus d'un vaisseau s'était brisé, et que les légendes terribles rendaient fameux dans tout le golfe de Saint-Laurent.

Construite en bois, à l'exception de la maison du Gouvernement, et d'un très-petit nombre d'habitations particulières, appartenant à des armateurs, la ville faisait déjà un commerce considérable, dont le hareng, la morue et les huiles de poisson formaient les articles principaux.

La pêche était donc l'occupation par excellence de ses habitants, qui y consacraient la plus grande partie de leur temps.

La population, y compris la garnison, s'élevait à dix ou douze mille individus. Elle se composait généralement d'Anglais; mais on y remarquait quelques Canadiens,-descendants de ces malheureux Acadiens qui furent si indignement persécutés par la Grande-Bretagne, à la fin du XVIIe siècle,-et même quelques Fran?ais d'outre-mer.

Parmi ces derniers se trouvait une famille riche et très-considérée dans le pays.

Son chef se nommait M. du Sault. Il était arrivé dans la Nouvelle-écosse, quelque vingt ans auparavant, avec sa femme et deux enfants en bas age.

Aujourd'hui, Bertrand, l'a?né de ces enfants, était agé de vingt-deux ans; Emmeline, sa soeur, en comptait vingt.

Ils vivaient chez leurs parents, dans une belle campagne sur les bords de la mer, à un demi-mille environ d'Halifax.

Jamais frère et soeur ne s'aimèrent plus qu'eux; jamais natures sensibles ne furent mieux faites pour s'entendre. Toujours ensemble, toujours d'accord, ils n'avaient point de secrets l'un pour l'autre. Ils chérissaient également M. et madame du Sault, qui leur rendaient cette tendresse avec usure.

Cette famille paraissait aussi heureuse qu'on peut l'être en ce monde, et chacun se la proposait pour modèle, chacun enviait sa félicité.

M. du Sault était pauvre en débarquant à Halifax, vers 1792. Ceux-ci disaient qu'il avait fait naufrage, ceux-là qu'il avait été assailli et dépouillé par des pirates; mais on ne savait à laquelle des deux versions s'arrêter. Quant à lui, il était muet sur ce sujet, laissait volontiers causer les gens, et savait éluder la question quand on l'interrogeait directement.

Depuis lors, il avait fait fortune, une fortune princière, évaluée à plusieurs millions. Prévoyant l'importance que les pêcheries ne tarderaient pas à acquérir, il avait, un des premiers, organisé un établissement sur une vaste échelle, et le succès était venu couronner son entreprise. Plus tard, il acheta du gouvernement britannique des terres à vil prix, les engraissa avec des bancs de poissons en décomposition, que le flux avait jetés sur la c?te, et obtint des récoltes merveilleuses.

C'était un homme audacieux, mais éclairé, et sage autant que progressiste.

Bertrand et Emmeline re?urent une éducation excellente et une instruction aussi bonne qu'on se la pouvait alors procurer dans les colonies de l'Amérique septentrionale.

On leur apprit l'anglais, le fran?ais, un peu de dessin, un peu de musique, l'histoire et les mathématiques.

Bertrand témoignait du go?t pour la marine. A quinze ans, on l'envoya à l'école navale en Angleterre. Il revint, au bout de trois années, avec le grade d'enseigne.

Monsieur du Sault demanda et obt?nt qu'il f?t placé sur un des navires de la station d'Halifax.

De la sorte, le jeune midshipman demeura près des siens, à la grande joie d'Emmeline, que son absence avait plongée dans une mélancolie profonde.

Le service n'est point pénible dans les colonies.

Riche et influent par son père, Bertrand était à peu près le ma?tre de ses actions. Il ne montait guère à bord que pour les revues extraordinaires, et passait tout son temps avec sa soeur.

La journée, ils lisaient ou faisaient de longues promenades, soit à cheval, soit en canot, soit même à pied; quelques visites et quelques réceptions occupaient leurs soirées.

Ils voyaient peu de monde, mais des personnes choisies ou du moins qui semblaient l'être.

Depuis quelques mois, le nombre de leurs amis s'était accru d'un jeune homme étranger, fort élégant, fort brave, fort aimable, dont la présence avait révolutionné Halifax et tourné la tête à la plus charmante moitié de ses habitants.

Cavalier accompli, il parlait avec une facilité égale l'anglais et le fran?ais. On ignorait son origine; mais à ses avantages personnels, il joignait des revenus fabuleux, s'il en fallait juger par ses prodigalités, et nul ne songeait à lui faire un crime du mystère dont il enveloppait son existence.

N'avait-il pas, d'ailleurs, ses entrées à l'h?tel du Gouvernement? n'était-il pas cousin du secrétaire particulier de sir George Prévost, qui, lui-même, l'avait présenté à la haute société civile et militaire de la Nouvelle-écosse? Et sir George Prévost était gouverneur-général, c'est-à-dire vice-roi de la colonie.

Ce mortel fortuné se faisait appeler le comte Arthur Lancelot, nom qui pouvait être anglais, comme il pouvait être fran?ais.

Le comte Arthur Lancelot s'était donc lié avec la famille du Sault; et si les jeunes misses à marier jalousaient furieusement Emmeline, les jeunes dandys d'Halifax en voulaient sérieusement au comte Arthur de ses préférences pour Bertrand, ?après tout un maudit Fran?ais dénationalisé (a damn'd denationalized French-man),? disaient-ils.

Cependant, Arthur Lancelot n'avait pas à une résidence fixe. Il voyageait beaucoup, paraissait et disparaissait subitement. On l'avait épié; on avait cherché à savoir où il allait, d'où il venait. Peines perdues. A bout de perquisitions, ses envieux assuraient, sous le sceau du secret, que c'était un espion du gouvernement anglais, qu'il surveillait les états-Unis, avec lesquels la Grande-Bretagne était alors en hostilités, et qu'il avait établi provisoirement son quartier général dans la capitale de la Nouvelle-écosse.

Malgré ces rumeurs, et bien d'autres, que nous nous abstiendrons de reproduire, aucun des colons ne pouvait se flatter d'avoir des renseignements exacts sur le comte Arthur, quoique les plus notables courtisassent avidement ses faveurs. Lorsqu'il habitait Halifax, c'était à qui l'aurait à d?ner, en soirée, à qui pourrait se vanter, le lendemain, de l'avoir possédé pendant une heure. On copiait sa mise, sa tournure, ses manières; on se disputait ses bons mots. Le journal de la localité, la Nova-Scotia, lui consacrait régulièrement une colonne, chaque semaine, dans ses Weekly Reports.

Enfin, il était, dans ce petit coin du Nouveau-Monde, ce que le beau

Brummel fut un peu plus tard à Londres.

Vers la fin de mai 1811, pendant une absence du comte Arthur, le repos de la famille du Sault fut tout à coup troublé par une de ces catastrophes épouvantables, toujours suspendues sur nos têtes, et qui nous frappent sans pitié, alors que, pleins de quiétude pour le présent, d'espérance pour l'avenir, nous nous abandonnons sans crainte, sans appréhension, au bonheur de vivre en répandant le bien et la paix autour de nous.

Bertrand tomba subitement malade.

Ce fut une maladie étrange, rapide, qui le paralysa dès sa première atteinte, confondit la science entière des plus vieux chirurgiens de marine, et mit au défi les soins empressés dont on entoura le jeune homme.

Le lendemain, il ne pouvait plus parler, plus bouger; le jour suivant, il était raide, insensible, glacé.

Les médecins déclarèrent à ses parents qu'il avait cessé d'exister.

Je n'essaierai point de peindre la douleur de ces derniers. Elle fut immense. Emmeline fut prise d'une attaque de nerfs qui mit ses jours en danger, et sa mère faillit devenir folle.

Avant l'ensevelissement, M. du Sault voulut que le corps f?t soumis à un nouvel examen. D'autres praticiens furent mandés. Leur rapport ne se rapporta que trop, hélas! avec le premier.

Bertrand était mort: la vie était éteinte depuis plus de vingt-quatre heures.

Le jeune homme avait conquis l'estime ou l'affection de tous ceux qui le connaissaient; un concours immense de citoyens accompagna ses restes au cimetière.

La plupart des assistants avaient le visage baigné de larmes. Seul de sa famille à l'enterrement, car il n'est pas d'usage, parmi les Anglais, que les femmes suivent les convois funèbres, M. du Sault ne pleurait pas; mais ses yeux secs, rougis, ses traits altérés disaient assez la violence du chagrin qui rongeait son coeur.

Bertrand fut inhumé, d'après les rites de l'église catholique, dans laquelle il avait été élevé.

Sur la fosse, le prêtre dit l'office des trépassés; puis, tour à tour, et lentement, les amis du jeune homme aspergèrent d'eau bénite son cercueil, le jonchèrent de couronnes d'immortelles, et le fossoyeur arriva avec sa bêche, innocent outil qui, dans ses mains, devient le plus sinistre des instruments.

Déjà le cimetière se vidait; déjà ceux qui avaient pris part aux obsèques perdaient leur air grave et recueilli, et s'entretenaient complaisamment des qualités et des défauts du défunt.

Et, pelletée par pelletée, la terre, la froide terre, tombait, s'entassait avec un bruit sourd, caverneux, monotone, sur le corps du malheureux Bertrand.

Un quart d'heure après, un petit tertre et une croix de bois noir marquaient seuls la place où il gisait.

Le comte Arthur Lancelot arriva dans la soirée de ce jour à Halifax.

On lui apprit la lin prématurée du fils de M. du Sault.

Cette nouvelle le frappa comme un coup de foudre. Il palit, chancela, et serait tombé si on ne l'avait soutenu. Mais cette révolution passa, en apparence, avec la rapidité de l'éclair. Le comte se remit de son émotion, causa un moment de Bertrand, comme d'un ami sincère dont la perte l'affligeait vivement, sans toutefois le désespérer, et il regagna la maison qu'il occupait dans la ville.

Chez lui, sa douleur éclata encore; elle y éclata avec une véhémence navrante. Il s'arracha les cheveux, se tordit les mains, se roula sur le parquet, poussa des cris déchirants, jusqu'à ce que des larmes abondantes vinssent le soulager. Calmé par cette rosée salutaire, Arthur Lancelot sortit, il se fit conduire au cimetière, tomba à genoux sur la tombe de Bertrand et pria longuement.

Le crépuscule étendait ses ombres sur Halifax, quand il se releva.

Il était en proie à une excitation fiévreuse.

-C'est décidé, murmura-t-il; il faut que je le voie... Cette nuit...

Oui, cette nuit...

Et il quitta le cimetière après avoir minutieusement observé les lieux et s'être assuré qu'il pourrait les reconna?tre, même au milieu des ténèbres.

De retour à son logis, il sonna.

Un homme d'une corpulence énorme et le visage couturé de balafres, qui le rendaient hideux, parut en faisant le salut militaire.

-Oui, ma?tre, dit-il.

-Samson, lui commanda le comte, tu m'accompagneras cette nuit.

-Oui, ma?tre.

-Tu te muniras d'une lanterne sourde.

-Oui, ma?tre.

-De pelles et de pioches.

-Oui, ma?tre.

-Est-ce tout?... Voyons... Non, nous aurons encore besoin de cordes.

-Oui, ma?tre.

-C'est bien.

-Oui, ma?tre.

-Va!

-Oui, ma?tre, répondit le serviteur évoluant sur les talons avec la précision d'un vieux troupier.

-Ah! se ravisa le comte, à minuit tu frapperas à ma porte.

-Oui, ma?tre.

Ces deux mots, changés quelquefois en ?non, ma?tre,? étaient les seuls qu'on e?t jamais entendus sortir de la bouche de Samson. Aussi les curieux, qui avaient tenté de le séduire, pour en tirer quelques informations sur le comte, disaient-ils que c'était un automate ambulant. Ses pas étaient, du reste, toujours comptés, toujours mesurés; ses mouvements avaient la régularité d'une horloge; sa vois conservait toujours la même inflexion. C'était une note brève et sèche, laquelle fatiguait, irritait l'oreille par son uniformité.

Jamais on n'avait vu Samson en colère. Cependant, il ne laissait pas facilement approcher du comte. Plus d'un indiscret, plus d'un importun avaient été méthodiquement appréhendés au corps par l'Hercule et aussi méthodiquement lancés à cinq, dix, quinze ou vingt pas, suivant le degré d'ennui qu'ils avaient causé audit Samson. Les larmes lui étaient étrangères; le rire lui était inconnu. D'émotion, il ne paraissait pas susceptible. C'était une surface de bronze qui ne laissait rien percer de ce qui s'agitait derrière.

Le comte n'avait pas d'autre domestique attitré. Quand il demeurait à Halifax, il louait un laquais et un cocher pour sa voiture, un groom et un valet d'écurie pour ses chevaux. Mais ces gens vivaient au dehors, et il leur était défendu de se présenter à l'appartement du jeune homme.

Comment se nourrissait-il? on l'ignorait. Quand il rendait un d?ner, c'était à l'h?tel.

Samson le suivait partout, l'attendait à la porte des maisons où il avait affaire, et rarement se trouvait-il à plus de cent pas de lui.

A minuit sonnant, il heurta trois coups à la porte du comte.

-C'est bien, j'y suis, répondit celui-ci.

Et il ouvrit.

-As-tu les instruments? dit-il.

-Oui, ma?tre.

-Prends aussi des pistolets.

-Oui, ma?tre.

Samson fit trois enjambées dans la chambre, ramena ses pieds en équerre, et décrocha une paire de pistolets d'ar?on pendus dans une panoplie à la muraille.

-Es-tu prêt? dit Arthur Lancelot.

-Oui, ma?tre.

Ils descendirent dans la rue.

Tout était noir, silencieux.

On n'entendait que les lointains gémissements de la mer sur les grèves sablonneuses.

Les deux hommes furent bient?t au cimetière, situé aux portes de la ville.

En approchant, ils per?urent des sons de voix, et distinguèrent une faible lumière qui semblait voltiger au milieu des arbres dont les tombeaux sont ombragés.

-On dirait un feu follet, murmura le comte qui n'avait pas desserré les dents pendant tout le trajet.

-Oui, ma?tre.

-Mais, vois-tu ces ombres qui remuent là-bas?

-Oui; ma?tre!

-Ah! je parierais que ce sont quelques misérables étudiants on médecine, qui pour avoir un cadavre profanent la sépulture... Qu'est-ce que cela?

Un cri de frayeur s'était élevé du cimetière et un spectre se dressait au milieu.

Trois ou quatre individus, fuyant à toutes jambes, passèrent presque aussit?t près de Lancelot et de son domestique.

Le spectre avait l'air de marcher sur eux.

-C'est extraordinaire, dit Arthur. Mais tu n'as pas peur?

-Non, ma?tre.

Ils entrèrent dans le lieu saint. L'apparition s'était évanouie, comme, si elle était rentrée soudainement en terre.

Samson alluma sa lanterne et ils s'avancèrent vers la tombe de Bertrand.

La fosse était découverte; elle était vide!

-Mon Dieu! ces jeunes gens, ces résurrectionnistes[1] auraient-ils emporté le cadavre, pour le disséquer! s'écria Lancelot avec une expression d'angoisse.

-Non, ma?tre.

Et Samson montra, avec sa lanterne, un corps enveloppé d'un suaire, étendu dans des touffes de hautes herbes.

[Note 1: En Amérique on nomme ainsi les étudiants qui déterrent en cachette les cadavres, pour les faire servir à leurs étude? médicales.]

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