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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Chapter 2 NENNIUS ET GEOFFROY DE MONMOUTH.

Word Count: 13177    |    Released on: 06/12/2017

gligées ou plut?t oubliées depuis le règne de Charlemagne. Le faussaire effronté qui venait de rédiger, sous le nom de l'archevêque Turp

sés. Bient?t après, le célèbre abbé de Saint-Denis, Suger, non content de donner l'exemple, en rédigeant lui-même l'histoire de son temps, chargeait ses moines du soin de réunir les anciens textes de nos annales, depuis Aimoin, compilateur de Grégoire de Tours, jusqu'aux historiens contemporains de la première croisade, sans en excepter cette fausse Chronique de Turpin. En même temps, Orderic Vital érigeait, pour l'histoire de la Normandie,

le temps qu'ils mirent à les exécuter. En général, ils n'en avaient pas plut?t laissé courir une première rédaction, qu'ils faisaient subir au manuscrit original des changements plus ou moins nombreux et des remaniements qui, dans les années suivantes, formaie

autre c?té, Geoffroy de Monmouth lui-même avertit au début de son septième livre qu'il y insère les prophéties de Merlin, pour répondre au v?u d'Alexandre, évêque de Lincoln, en son temps le plus généreux et le plus vanté des prélats. Or ces dernières paroles ne se concilient pas avec la date donnée par Henri de Huntingdon: car l'évêque de Lincoln Alexandre, qui ne devait plus exister quand Geoffroy parlait ainsi de lui, ne mourut qu'au mois d'ao?t 1147[6]. Ainsi le préa

, ni dans Bède ni dans Gildas, la mention des princes dont le règne avait précédé la naissance de Jésus-Christ; ni même celle d'Arthur et des princes qui avaient régné en Bretagne depuis l'incarnation. Cependant les glorieuses gestes de ces rois étaient demeurées célèbres dans maintes contrées où l'on en faisait d'agréables récits, comme aurait pu les fournir une relation écrite. Je me rendis aux v?ux de Gautier, bien que je ne fusse pas exercé dans le beau langage et que je n'eusse pas fait amas d'élégantes tournures empruntées aux auteurs. J'usai de l'humble style qui m'appartenait, et je fis la traduction exacte du livre breton. Si je l'ava

roi leur père. Cette guerre civile, dont les premiers succès furent suivis de revers prolongés, durait encore en 1147, quand la mort surprit le comte de Glocester. C'est donc avant cette époque, et probablement vers 1137, au début de la guerre, que Geoffroy lui présentait son livre. Alors les Gallois, sous la conduite de ce Walter Espec dont il est parlé dans la chronique de Geoffroy Gaymar, venaient de remporter une victoire signalée qui semblait f

ns. Si Geoffroy n'a traduit le livre breton que pour céder aux instances

ercie-t-il à l'avance le comte Robert de ses bons avis et des changements qu'il fera subir à son livre

es souvenirs personnels de Gautier d'Oxford, cet homme si profondément versé dans la connaissance des histoires.

onmouth ne s'est pas contenté de le traduire ou de le reproduire: il a été emb

eoffroy de Monmouth. J'accorde même très-volontiers avec M. Le Roux de Lincy, auteur de précieuses recherches sur les origines du roman de Brut, q

en breton, ou fut, aussit?t son arrivée en Angleterre, traduit en latin par Geoffroy de Mon

art de ces mêmes noms, et qu'il avait entre les mains, puisqu'il en pouvait transporter des phrases entières dans son propre ouvrage. C'était cette chronique de Nennius, anonyme dans les plus anciennes le?ons, et dans quelques autres attribuée à Gildas le Sage. Malgré la date postérieure des manuscrits (les plus anciens sont du milieu du douzième siècle), il est impossible de contester l'époque reculée de la composition. Elle remonte au neuvième siècle, et, dans son texte le plus sincère, à l'année 857, ou, suivant MM. Parrie et J. Sharp, à 858, la quatrième du règne de S. Edmund, roi d'Estangle. Mais il faut qu'elle n'

isse,? dit-il, ?le soin de parler des rois saxons qui régnèrent en Galles à Karadoc de Lancarven, à Guillaume de Malmesbury et à Henry de Huntingdon. Seulement, je les engage à garder le silence sur les rois bretons, attendu qu'ils n'ont pu voir le livre breton rapporté par Gautier d'Oxford, lequel j'ai traduit en latin.? Or ce livre prétendu breton était précisément

d de Bewerley, admettaient sans contr?le les récits de ce même Geoffroy. Le premier, pour se consoler de les avoir connus trop tard, les résumait dans une é

'autres inductions, mon savant ami a constaté que Geoffroy de Monmouth avait eu cette chronique du douzième siècle devant les yeux, et qu'il en avait même copié textuellement des phrases et des pages entières. Ainsi, par exemple, Geoffroy applique à la route suivie par le Troyen Brutus le récit que fait Nennius de la traversée d'un chef égypti

Geoffroy de Monmo

narum, et navigaverunt intra Ruscicadam et montes Azar?... Porro flumen Malv? transeuntes, applicuerunt in Maurita

turellement conduit à douter de sa parfaite sincérité, et l'on cherchera les motifs d'une pareille dissimulation. Ainsi l'on en viendra, sans trop d'effort, à présumer que cette chronique latine de Nennius était le texte original ou la traduction du livre breton, rapporté du Continent par l'archidiacre d'Oxford. Cette conjecture n'a rien à craindre de l'examen du livre breton conservé sous le titre de Brut y Brennined; car il est aujourd'hui généralement reconnu, même par les antiquaires bretons que leurs préventions ont entra?nés le plus loin des réalités, que cet autre livre n'est que la traduction de l'Historia Britonum de Geoffroy de Monmouth, traduction d'une date relativement récente, au sentiment des meilleurs juges, MM. de Courson et de la Borderie, que j'ai pris soin de consulter. Si pourtant on s'en rapportait au témoignage de William Owen, le

chanteurs et jongleurs de la Bretagne insulaire ou continentale; non par d'autres livres bretons ou gallois qui probablement n'existaient pas encore. Mais c'est aux légendes latines que Geoffroy va surtout demander les couleurs qu'il étend sur la première trame. Le voyage de Brutus et l'apparition des Sirènes sont empruntés à l'énéide. La prêtresse de Diane arrêtant Brutus pour lui révéler ses destinées est imitée d'un chapitre de Solin. L'histoire d'Uter-Pendragon et d'Ygierne est le plagiat de la fable d'Amphitryon. Le roi Bladus avec ses ailes de cire est le Dédale des Métamorphoses. Le combat d'Artus contre le géant du mont Saint-Michel est la contrefa?on de la lutte d'Hercule et de Cacus. On ne pensera pas assurément que toutes ces belles choses, ignorées de Nennius, aient pu se rencontrer dans un livre écrit en bas breton

Oxford, cet homme si versé dans la connaissance de toutes les histoires. Pouvait-il avouer plus clairement la perte du baton qui l'avait jusqu'alors soutenu? Après avoir donc suivi les légendes populaires pour ce qui regardait Artus, il se borne à mentionner les événements liés à l'histoire de la conquête anglo-saxonne. Il accepte les récits connus, sans faire

Nennius l'original de l'Historia Britonum. Pourquoi hésiterions-nous à reconna?tre que cette chron

, avait, tant bien que mal, rendu en latin ce qu'il aurait sans doute exprimé plus clairement dans l'idiome qu'il avait l'habitude de parler. Le latin de Grégoire de Tours, de Frédégaire et du moine de Saint-Gall, ce contemporain de Nennius, n'est pas celui de Suger, de Malmesbury ou de Geoffroy de Monmouth. D'ailleurs, si le livre e?t été breton, comment Geoffroy de Monmouth en e?t-il reproduit plusieurs passages, retrouvés textuellement dans la rédaction latine? On dira peut-être encore que Gautier l'archidiacre aura pu traduire le livr

ou Bretons[13]. Admettez au contraire qu'au neuvième siècle un clerc ait eu la bonne pensée de marcher sur les traces du vénérable Bède, en inscrivant dans la seule langue alors littéraire les traditions vraies ou fabuleuses de ses compatriotes, les difficultés qui nous arrêtaient disparaissent. Cette chronique, rarement transcrite en basse Bretagne où elle était née, n'aura passé qu'au douzième siècle dans la Bretagne insulaire, par l

dans le petit nombre de pages où sont énumérés les malheurs et les péchés de ses compatriotes. Artus avait cependant existé: il avait réellement lutté contre l'établissement des Saxons, et le souvenir de ses glorieux combats s'était conservé dans le c?ur des Bretons réfugiés, les uns dans les montagnes du pays de Galles, les autres dans la province de France habitée par leurs anciens compatriotes. Il était devenu le héros de plusieurs lais fondés sur des exploits réels. Mais l'imagination populaire n'avait pas tardé à le transformer; chaque jour les lais qui le célébraient avaient pris un développement plus chimérique. De défenseur plus ou moins heureux de la patrie insulaire, il devint ainsi le vainqueur des Saxons; le souverain des trois royaumes; le conquérant de la France, de l'I

t le premier nom du fabuleux prophète des Bretons. Pour Nennius, Ambrosius n'est pas encore un être surnaturel, c'est le fils d'un comte ou consul romain. Il ne raconte pas les amours d'Uter-Pendragon et d'Ygierne, renouvelées d'Ovide. Il se contente de nous dire d'Artus qu'il conduisait les armées bretonnes, et qu'il avait livré douze glorieux combats aux ennemis de son pays. ?Au temps d'Octa, fils d'Hengist,? lisons-nous à la fin de son livre, ?Artus résistait aux Saxons, ou plut?t les Saxons attaquaient les rois bretons qui avaient Artus pour conducteur de leurs guerres[15]. Bien qu'il y e?t des Bretons de plus noble race, il fut élu douze fois pour les commander et fut autant de fois victorieux. Le premier de ses combats fut livré à l'embouchure de la rivière Glem (à l'extrémité du Northumberland); les quatre suivants, sur une autre rivière nommée par les Bretons le Douglas (à l'extrémité méridionale du Lothian); le sixième, sur la rivière Bassas (près de Nort-Berwick); le septième, dans la forêt de Célidon (peut-être Calidon ou

nt historique, à ce qu'on devait trouver sur le h

u'on lui adresse, les fêtes de son mariage. Avant d'arriver au terme de ses voyages de long cours, voyages renouvelés de l'énéide, il aborde sur le rivage gaulois, où Turnus, un de ses capitaines, batit la ville de Tours, comme Homère, ajoute Geoffroy, l'avait déjà raconté. Assurément personne, au temps de Geoffroy, n'était en mesure de rechercher dans Homère la mention d'un pareil fait. Mais le conteur savait bien qu'on l'e

r une aigle; et je rapporterais son discours, si le fait ne me semblait moins croyable que le reste des histoires.? (Livre II, § 9.) Les prophéties de l'aigle de Shaftesbury étaient célèbres parmi les anciens Bretons: dans son douzième et dernier livre, Geoffroy, malgr

l de César. Enfin, sous le règne de Lucius, vers 170 de l'ère nouvelle, la foi chrétienne est pour la première fois introduite en Grande-Bretagne par les missionnaires du pape éleuthère. Geoffroy traduit ici Nennius, et ne laisse pas sou

mille vierges, enfin l'arrivée de Constantin, frère d'Audren, roi de la Petite-Bretagne. Constantin fut proclamé roi de l'?le d'Albion, et c'est à partir de l'histoire de ce prince que Geoffroy de

is fils: Constant, Aurélius

ien qu'aspirant lui-même à la couronne, il entoura le Roi-moine de serviteurs choisis parmi les Pictes, et, sur un prétexte d'irritation envenimé par le ministre ambitieux, ces étrangers massacrèrent le pauvre roi qu'ils devaient défe

daient les deux autres fils de Constantin se hatèrent de mettre en s?reté leur vie, en les fai

Saxons à son aide. Ici, Geoffroy raconte au long, d'après Nennius, l'arrivée d'Hengist, l'amour de Wortigern pour la belle Rowena, ses démêlés avec les Saxons. Mais l'auteur du roman de Merlin a passé sous silence tous ces dét

e que la jeune dame avait dit et ce qu'il lui fallait répondre: ?Elle vous appelle Seigneur roi, et elle offre de boire à votre santé. Vous devez lui répondre: Drinck heil! Ainsi fit Wortigern, et, depuis ce temps, la coutume s'est établie en Bretagne, quand on boit à quelqu'un, de lui dire Wevs heil et de l'entendre répondre Drinck heil.?-De cette tradi

ispute s'élève: ?Oses-tu bien,? disait l'un d'eux, ?te quereller avec moi! Sommes-nous de naissance pareille? Moi, je suis de race royale par mon père et par ma mère. Toi, personne ne sait qui tu es; tu n'as jamais eu de père.? En entendant ces mots, les messagers approchent de Merlin; ils apprennent qu'en effet l'enfant n'a jamais connu son père, et que sa mère, fille du roi de Demetie (le Southwall), vivait retirée dans l'église de Saint-Pierre, parmi les nonnes. La mère et le fils sont aussit?t conduits devant Wortigern, et la dame interrogée répond: ?Mon souverain seigneur, sur votre ame et sur la mienne, j'ignore complétement ce qui m'est arrivé. Tout ce que je sais, c'est que, me trouvant une fois avec mes compagnes dans nos chambres, je vis para?tre devant moi un très-beau jouvenceau, qui me prit dans ses br

ffroy intercale les prophéties de Merlin que, dit-il, il a traduites du breton, à la prière d'Alexandre, évêque de Lincoln. Ces prophéties ont été admises dans un assez grand nombre de manuscrits du roman de Merlin; mais on ne peut nier qu'elles ne soient, au moins dans leur forme latine, l'?uvre de Geoffroy de Monmouth.

ue s'est appropriés l'auteur du roman de Merlin

tit d'éviter le feu des fils de Constantin. ?Ces princes voguent déjà vers l'?le de Bretagne; ils chasseront les Saxons, ils te contraindront à chercher

s sous le nom de Stonehenge et de Danse des géants, est mieux et plus longuement raconté par Geoffroy; l'événement est placé sous le règne d'Ambrosius-Uter, qui aurait ainsi voulu consacrer la sépulture des Bret

Ygierne et d'Uter et la naissance d'Artus. Mais, chez le latiniste, Artus succèd

us, a deux fils, le fameux Walgan ou Gauvain, et Mordred, qui devait trahir son oncle Artus. Artus a épousé Gwanhamara (la belle Genièvre), issue d'une noble famille romaine. Il a pour premier adversaire le Norwégien Riculf, le même que le roi Rion qui, dans le roman d'Artus, voudra réunir aux vin

récit du combat d'Artus contre le géant du mont Saint-Michel. Quelques jours après la grande victoire remportée sur les Romains et les Gaulois, Artus re?oit la nouvelle de la révolte de Mordred et de l'infidélité de Gwanhamara. Après avoir tué son n

rdred, prouve que cet historien ou plut?t ce conteur n'avait aucune idée du roman de Lancelot. D'ailleurs ses omissions dans la longue liste de tous les personnages illustres qui assistèrent aux fêtes du couronnement d'Artus permet également de penser que la plupart des héros de la Table ronde, Yvain, Agravain, Lionel, Galehaut, Hector des Mares, Sagremor, Baudemagus, Bliombéris, Perceval, Tristan, Palamède, le roi Marc, la belle Y

de de la traduction. Mais on n'accueillit pas en tous lieux ces fabuleux récits avec la même confiance. Dans le pays de Galles même, source adoptive, sinon primitive, des fictions bretonnes, il y eut des protestations dont un auteur contemporain, d'ailleurs assez crédule de sa nature, Giraud de Galles ou Giraldus Cambrensis, s'est rendu l'organe d'une assez plaisante fa?on. C'est en parlant d'un certain Gallois doué de la faculté d'évoquer les malins esprits et de les conjurer. Cet homme, ayant su qu'un de ses voisins

publiée vers la fin du douzième siècle. On dit qu'il avait voué une haine particulière aux Bretons, et que c'était pour satisfaire une vengeance personnelle qu'il avait attaqué le livre de Geoffroy. Peu importe: il nous su

ions, en raison de la rudesse et de la fadeur de son style[20]. C'est pourtant un monument précieux de sincérité. Bien que Breton, il n'hésite pas à gourmander ses compatriotes, a

se sur le continent. On sait que les Bretons ainsi laissés à la merci de leurs ennemis eurent alors pour roi Wortigern, le premier qui réclama le secours d'Hengist, chef des Saxons ou Anglais. Ceux-ci, après avoir repoussé les Pictes et les écossais, cédèrent à l'appat que leur présentait d'un c?té la fertilité de l'?le, de l'autre la lacheté de ceux qui les avaient appelés à leur défense. Ils s'établirent en Bretagne, accablèrent ceux qui essayèrent de leur résister, et contraignirent les misérables restes de leurs adversaires, ceux qu'on nomme aujourd'hui les Gallois, à chercher un refuge sur des hauteurs ou dans des forêts également inaccessibles. Les Anglais victorieux eurent une suite de rois très-puissants, entre autres le petit-neveu d'Hengist, éthelbert, qui, réunissant sous son sceptre toute l'?le d'Albion jusqu'à l'Humber, re?ut la loi de l'évangile annoncée par Augustin. Alfred ajouta le Northumberland aux précédentes conquêtes, après une grande victoire sur les Bretons et les écossais. Edwin fut son successeur; Oswald vint après Edwin, et ne trouva pas dans l'?le entière la moindre résistance. Tout cela, le Vénérable Bède, dont personne ne récuse le témoignage, l'a parfaitement établi. Il faut donc reconna?tre le caractère fabuleux de tout ce que ce Geoffroy a écrit d'Artus et de ses successeurs d'après quelques autres et d'après lui-même. Il a rassemblé ces mensonges, soit par un éloignement coupable de la vérité, soit dans l'intention de plaire aux Bretons, dont la plupart sont, dit-on, assez stupides, pour attendre encore Artus et soutenir qu'il n'est pas mort. à Wortigern il fait succéder Aurélius Ambroise, qui aurait vaincu les Saxons et reconquis l'?le entière. Après Ambroise aurait régné son frère Uter-Pendragon avec la même autorité. C'est alors qu'il insère tant de rêveries mensongères à l'occasion de Merlin. Artus, prétendu fils de ce prétendu Uter, aurait été le quatrième roi des Bretons à partir de Wortigern; de même que, dans la véritable histoire de Bède, éthelbert, converti par Augustin, est le quatrième roi des Saxons à partir d'Hengist. Ainsi le règne d'Artus et celui d'éthelbert devaient être contemporains. Mais on voit aisément ici de quel c?té se trouve la vérité. C'est précisément l'époque

e Geoffroy de Monmouth. Les bons esprits ne l'avaient donc accepté que comme un recueil d'his

informe et cependant précieuse chronique de Nennius avait éveillé la verve de Geoffroy de Monmouth; et ce que Nennius avait été pour lui, Geoffroy le fut pour Robert de Boron, et pour les auteurs des autres romans e

II

LATIN: Vi

onde, il faut épuiser l'?uvre de celui q

um, avaient fait usage des Prophéties. D'ailleurs, Geoffroy de Monmouth a constaté cette antériorité: ?Je travaillais à mon histoire,? dit-il au début du septième livre, ?quand, l'attention publique étant récemment attirée sur Merlin[22], je publiai ses prophéties, à la prière de mes amis, et particulièrement d'Alexandre, évêque de Lin

?Mais,? ajoute-t-il ?je m'étonne que vous n'ayez pas demandé ce travail à quelque autre plus savant et plus habile. Sans vouloir rabaisser aucun des philosophes angla

pondu à ce qu'il en attendait, soit enfin qu'il e?t oublié, comme cela n'arrive que trop souvent, les promesses faites à l'auteur, il

at et que la philosophie a parfumé de son nectar; vous qui brillez entre tous par votre science; vous le guide et l'exemple du monde. Soyez

ui faisait désirer votre élection au peuple et au clergé de l'heureuse et glorieuse ville de Lincoln; mais il ne suffi

is rabiem mu

re paro: tu c

um, calamos mod

ia te perfudit

o, fecitque pe

res, dux et pr?

tis faveas, v

ore velis qua

dis, merito pr

es, sic vita p

ci clerus popu

x Lincolnia fe

evant, ?tressez une couronne à votre Geoffroy de Monmouth. Il est bien v?tre en effet, car autrefois il a chanté

am carmen. Vos

date Gaufrido

r, nam quondam

cum cecinit scr

ocant Britonum ce

, sans la moindre nécessité, son histoire. Il loue ses patrons dans les deux ouvrages, avec la même emphase; et si, dans le premier, il fait appel à la générosité du prélat dont il accuse, dans le second, le défaut de reconnaissance, c'est qu'il n'aura p

is maint bi

na, plus m

tot don

pramist, m

oir, nel pl

re, cessé de vivre. Alexandre, mort en 1147, avait eu pour successeur Robert de Quesnet; et c'est à cet évêque Rober

auxquelles est ajoutée celle de sa s?ur Ganiede, pour devenir un prétexte d'allusions aux événements contemporains. Dans l'histoire, et non dans les rom

is sub multis

ur Merlinus in

ates: Dem?tar

bat pop

Biduc est roi de la Petite Bretagne où se réfugient les deux fils de Constant; Artus succède sans opposition à son

rem cum conjug

a plume des romanciers de la Table ronde. Mais, puisqu'on ne retrouve dans le po?me de Merlin aucun trait qui soit inspiré par ces romans de la Table ronde; puisque la Genièvre, l'Artus, la fée Morgan ne sont pas encore ce qu'ils sont devenus dans ces romans, il faut absolument en conclure que le po?me a été composé avant les romans, c'est-à-dire de 1140 à 1150. Il n'était plus permis, après la composition de l'Artus et du Lancelot, de ne voir q

aux guerres d'Irlande, extrêmement vagues en elles-mêmes, sont empruntées aux textes des prophéties en prose, dont la date est bien connue. Je dois ajouter que toute mon attention n'a pas suffi pour y découvrir le moindre trait qui p?t se rapporter au règne de Henry II. Il est vrai que le po?te donne au savoir de l'évêq

es, sic vita p

i, clerus popul

x Lincolnia fe

montra Robert de Quesnet, suivant Giraud de Galles, pour mu

Ce Robert fut sans doute un prélat très-savant, très-recommandable; il a laissé plusieurs ouvrages longtemps célèbres; mais il était de la plus basse extraction, et notre po?te, au nombr

offroy, en rappelant la renommée de l'Historia Britonum, n'a rien exagéré, et, en se pla?ant aussi haut dans l'estime publique, il n'a fait que suivre un usage assez ordinaire alors

er, vivet cum

mi, nullum mor

de l'ouvrage; ce serait donc accorder à la critique une trop grande licence que lui permettre de suppos

, dans le pays de Galles, en 1151. Il est naturel de penser que ce fut dans l'intervalle de ces

l romain, l'autre fils d'un démon incube; le premier, ami et conseiller d'Artus, le second, habitant des forêts; celui-ci

out facile de prouver à ceux qui suivront le progrès de la légende de Merlin que l'Ambrosius, le Sylvester et

dans le Northumberland, tant?t celles de Brocéliande dans la Cornouaille armoricaine. Cet amour de la solitude ne l'empêchera pas de para?tre souvent à la Cour, d'être le bon génie d'Uter et de son fils Artus. Ainsi, Geoffroy de Monmouth a pu suivre une tradition qui faisait de la mère du prophète une princesse

ires ajoutés dans le po?me latin à ceux

illants chefs de ses amis. Il prend en horreur le séjour des villes, et, pour se dé

omo, quasi silv

assis sur les bords d'une fontaine et parvient à le faire rentrer en lui-même en

har? quam secum

. Le roi s'étonne et demande la raison de cet éclair de gaieté. Merlin veut bien répondre, à la condition qu'on lui ?tera ses cha?nes et qu'on lui permettra de retourner dans les bois. Dès que la liberté lui est rendue, il dévoile les secrets de sa s?ur, la reine Ganiede. Le matin même, elle avait prodigué ses faveurs à un jeune varlet, sur un lit de verdure dont une des feuilles était demeurée dans ses cheveux. Ganiede proteste de son innocence: ?Commen

et que va devenir votre malheureuse Guendolene? si vous l'abandonnez, ne pourra-t-elle chercher un consolateur?-Comme il lui plaira,? répond Merlin; ?s

rero donis mu

tam profuse

appelle Guendolene. Pendant qu'elle accourt assez émue, le fiancé met la tête à la fenêtre et se prend à rire à la vue du grand cerf que monte l'étranger. Merlin le reconna?t, arrache les bois du cerf, les jette à

m, vinctumque de

s. Merlin jette alors deux nouveaux ris dont le roi veut encore pénétrer la cause. Il met à ses réponses la même condition: on le laissera regagner sa chère forêt. D'abord il n'a pu voir sans rire un mendiant bien plus riche que ceux dont il sollicitait la

lisière des bois une maison pourvue de soixante-dix portes et de soixante-dix fenêtres: lui-même y viendra cons

t à prophétiser, et les clercs écr

onum quos cop

ens ultra quam

la mer. L'?le des Pommes, autrement appelée Fortunée, est la résidence ordinaire des neuf S?urs, dont la plus belle et la plus savante est Morgen; Morgen conna?t le secret et le remède de toutes les maladies; elle revêt toutes les formes; elle peut voler comme autrefois Dédale, passer à son gré de Brest à Chartres, à Paris; elle apprend la ?mathématique? à ses s?urs, Moronoe, Mazoe, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronoe, Thyten,

lamis posuit s

ue detexit vu

iu, tandemque

xit, si secum

se

valon pour y trouver sa guérison; ce qui présenterait une contradiction ridicule, si l'?le d'Avalon et le pays des Fées n'étaient

a description

um qu? Fortu

ce de toutes choses, convient assez mal à cette ?le d'A

d d'une fontaine, nous aper??mes plusieurs pommes qui semblaient excellentes. Je les pris, les distribuai à mes compagnons et n'en réservai pas une seule pour moi. On sourit de ma libéralité, et chacun s'empressa de manger la pomme qu'il avait re?ue; mais l'instant d'après, les voilà tous pris d'un accès de rage qui les fait courir dans les bois en poussant des cris et des hurlement

r, et la reine Ganiede ne voulut pas non plus se séparer de son frère. Tous quatre s'enfoncèrent dans l'épaisseur des bois,

a pas inutile au prosateur fran?ais, et nous permettra de mieux suivre les développements

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