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Escal-Vigor

Chapter 4 No.4

Word Count: 5366    |    Released on: 30/11/2017

ome, le régisseur de l'Escal-Vigor, approchait de la trentième année. Jamais à la voir, blanche, délicate, les allures réservées, les tr

re des Pèlerins! Son père se remaria et, pour combler le malheur de la petiote, seule enfant du premier lit, il mourut après lui avoir donné quantité de frères et soeurs. La maratre de Blandine l'excédait de travail et de coups. Elle fut courageuse et sto?que, vraie bête de somme: non seu

sur un ouvrage de couture, Blandine devait évoquer la

tent près du fumier, entre des poules qu'ils effarent et des pigeons blancs qui s'envolent sur le toit avec ce frou-frou plaintif que font leurs ailes; un chien noir, à poil ras, de la race d

ses bras morts se perd derrière le courtil dans les pacages marécageux. Les vertes _drévilles, _ou petites allées d'aulnes hirsutes et de saules gibbeux que circonviennent à la saison les ch

uelle se renfle un mamelon où des genévriers noirs et difformes s'accroupissent comme un conventicule de cabouters, - farfadets

une miniature de reposoir, que les simples appendent avec un instinct étonnant aux endroits les plus romantiqu

tenir qu'à l'esprit qui vivifie tout. à mesure qu'elle avan?a en age, elle confondit l'idée de Dieu avec la conscience. C'est assez dire qu'aussi longtemps qu'elle se crut la foi, sa religion n'eut rien de celle des bigotes et des cafards, mais fut une reli

r les rainettes dans les flaques et elle se délecte comme autrefois à l'incomparable ar?me des br?lis d'essarts, que la brise porte à des lieues! Bivacs du berger accusant, au crépuscule,

sacrifices, voire des héro?smes anonymes, que s'était imprégnée Blandine, alors une petite paysanne laborieuse, mai

a pseudo-chatelaine de l'Escal-Vigor: c'était aux approches du vingt-neuf juin, jour

uvient avec une voluptueuse et lénitive mélancolie. à Smaragdis, il lui suffit de l'odeur de

la serpe, la herse et le tra?noir. Si les cultures sont désertes, par contre, le long des routes vicinales, c'est une procession de voitures mara?chères bachées de blanc, chargées non point, comme les vendredis, de légumes et de laitages, mais p

leurs nouveaux ma?tres, et, comme les gars ne doivent être rendus à destination que le soir, ils profiteront de la

nt pour la location des chevaux. Toutes les équipes: batteurs en grange, vanneurs, ao?terons, vachères, faneuses, prennent place sur

raissent sous les boutons d'or, les marguerites et les roses. Des cavalcades se forment. Les voitures se rendant aux même

res de la glèbe par ses affiliés. Sur leur passage

cortège en manière de postillons, ou caracolent sur les accotements; d'aucuns affourchés à la genette, les jambes très écartées tant leurs montures ont le do

s se répercutent d'u

oche ameute près de l'église; car on a dénommé ?pays de roses?, ces chars de joi

s au pays

es roses

comme foin les f

des meules si hau

éborgnero

ernuer le so

ée humaine - envahissent la salle en vacarmant comme un sabbat. à chaque étape, on emplit de bière et de sucr

s héro?ques, elle se cambre, son bras nu presque aussi robuste que celui des males de la bande, saisit l'anse

ase des communiants recevant leur Dieu les jours de fêtes carillonnées. Les coteries se sont fait accompagner d'un ménétrier ou d'un joueur d'orgue, mais, indifféren

au pays d

eigneurs et les pauv

onne contre leur genou dans la

tres résignés de la terre! Chaudes matinées qui font écl

les gendarmes surveillent à

font voir de rouges. Ces bons drilles qui trinquent avec effusion sont prêts, pour un rien, à se jeter les pintes à la tête et à se déchiqueter comme d

tapage. Ils boivent: les uns pour oublier, peut-être pour calmer le regret du toit et des visages familiers qu'ils délaissent

s camarades de demain et se déclarent sur-

rs paroles, de leurs gestes et de leur chair. Ils ont des frénésies de chien qu'on détache, ce vertige que doivent éprouver, à leur premier essor vers l'espace, les oiseaux nés dans une cage; et l'infini de leur

les bancs de la grande salle, devant les platées fumantes. Mais malgré leurs fringales et l'ivresse de leur émancipation, qui se traduit le jour durant par des d

ste ?rozenland? affrété par cotisation. La petiote, rose et joufflue, aux yeux opalins variant du bleu céleste au vert marin, prit avec gratitude sa part de ces déduits ancillaires; la belle humeur expansive de ces pauvres diables la réjouissait elle-même; elle go?tait un na?f plaisir à tr?ner sur ce char fleuri et turbulent, et à boire de la bière sucrée aux étapes désignées par le chef de la charretée. Les gars payaient la bière, les filles de quoi la sucrer; Blandine y allait à son tour de son éco

ers et les étreintes autour d'elle participaient des extravagances du rêve. Rien ne l

'enfant ne lit dans ces yeux et ne tate dans ces charnures qu'une sympathie un peu bourrue, voilà tout! Autour d'elle, l'air si tiède chatouille et picote les dermes échauffés. Travaillées depuis des heures, les ambiances de désirs s'exaspèrent. Bient?t Blandine ne se rappellera plus les dernières beuveries et sarabandes auxquelles elle pri

couples affalés sur les banquettes derrière eux. Elles soupirent; ils halètent... La petiote finissait par s'endormir, assoupie par cette atmosphère plus capiteuse que les bouffées de la fenaison. Comme personne ne s'offre à la reconduire, il serait temps pour

la petite remercie ce gar?on. Inutile qu'il se dérange. Elle regagnera bien toute seule la chaumière paternelle. Des fois, les jours de ma

oilà en obliquant de droite à gauche; tu arrivera

née d'un pas délibéré. Bonsoir à tous! leur a-t-elle crié avec assurance. Leur réponse se

soir tout le pays n'est- il pas en joie?

absent apprit à la compagnie que le gaillard avait mal tourné depuis leur fête dernière, même si mal que son patron n'avait pas cru devoir attendre la Saint-Pierre nouvelle ou la date sacramentelle pour se priver de ses services. Malgré ses talents, le roi des Vanneurs avait été congédié

en- train, une belle fourchette et le reste! Mais, comme l'avait fait observer l'un des gars, en rallumant sa pipe, ce n

le, il ne lui tient par aucun lien. Il avait demeuré une saison non loin de chez elle. Par la porte de la grange, Blandine l'entrevoyait furtivement, à sa besogne, nu jusqu'à la ceintu

fredonner le refrain du jour p

nne! Va

ll

o

i! V

. La nuit attendrie prête à ces pensées vagues. L'obscurité diaphane rappelle de sombres pierreries. Les ténèbres scintillent comme si, trop véhéments, les pa

reinte, renversée sur un tertre par une forme humaine qui s'est ruée de derrière un buisson de genêts. L'assaillant lui retrousse l

oi. Elle éprouve une courte douleur, comme un déchirement de son ventre, suivi presque aussit?t après d'une étrange béatitude. S

ociera, par la suite, l'imploration de ces yeux aux scintillements livides des lampyres, aux raclements des

ne! Vanc

nt quelques secondes par les poignets, la regarda avec une gratitude mêlée de repentir, et s'éloigna, tout en se rajustant, les jambes un peu f

tal, d'abord si impérieux, puis accablé, presque penaud; elle était même convaincue qu'il lui aurait demandé pardon s'il l'e?t osé, mais la tendresse et une certaine gratitude le rendaient presque aussi timide que le violent désir l'avait effréné. Quelques jours après Blandine apprit que le gr

it compté sans les dé

evint

était enchantée de cette occasion plausible de sévir contre sa victime, de donner libre cours à ses instincts déna

fait de notre bon renom! Catin des catins! Quel exemple pour tes frères et soeurs! Il est heureu

omma de s

Me diras-

nez-moi de vous

Parleras-

, puis un

on

n, m

est ce que nous allon

ut qu'il

driez pas pour g

ui t'a débauchée mangera plut?t de la prison, car tu es mineure quoique nubile et précoce comme une chatte de gouttière!... Voyons, c'est sans doute l'un de ces ?pays de roses?, l'un o

épondit avec feu

ai jamais vu auparavant et il n'est même point d'ici... Il était triste, m'a-t-il semblé... Un de ceux auxquels on fait volont

e hypocrit

mmant chaque fois de parler, puis, comme Blandine continuait à

elait le grand gar?on, au teint de bronze nouveau, aux yeux tristes et implorateu

t par terre, exaspéré

uvoir sur elle, l'enfant se suggéra le bruit sec du van sur le genou d'Ariaan. Défaillante, mais moralement, inébranlable, elle mêlait les deux chants, le cantique religieux et la villanelle

le!... Vole! Vanci! Vanla! Vann

ar l'un des enfants une cruche d'eau et un quignon de pain. Le lendemain, la mara?chère tenta de reve

euse paysanne fit entrepr

ut paterne

otre digne mère? On fait la méchante tête!... On se révolte. Après avoi

a mère et suis prête à vous la conf

s! Et si moi, votre pasteur, j'estimais qu'il

tout de même,

tte insubordination, lui lan?ait un r

providence l'ignorait! Cet homme est déjà bien assez malheureux! Le nommer serait lui valo

uis ces derniers jours sur les lois humaines

prêtre, vous l'aime

e l'aime, mais je

endant fait du

, monsieur le curé, n'est-il pas dit dans le catéchisme que nous dev

gréa, mais n'

ant de tactique voulut au moins savoir

ce et pallier la faute du pauvre diable, prétendit

rouvé de douloureux scrupules. En refusant de livrer le vrai coupable, n'exposait-elle point ces braves gars à

rtout celui qui s'était proposé de reconduire Blandine et qui s

ce qu'il avait commis un crime aux yeux des hommes, mais parce qu'aux yeux de la foule, la condition d'un batard et d'une fille-mère serait préférable à celle du fils légal et d

ocation de dévouement et de sacrifice s'était

onge en s'accusant de s'être donnée à lui et de lui avoir caché son age. Formée comme elle l'était, Ariaan aurait pu croire, de bo

et lui fit entendre que son heure n'était pas encore venue, qu'un être bien autrem

e livrer en elle, lorsque l'événement rendit pour le quart d'heur

ir s'évertuer pour le bien de sa famille. à quelque temps de là, sa mère mourut. Blandine, alors agée de quinze ans, se montra décidément de trempe héro?que, quoique toute simple. Elle prit le gouvernement de la maisonnée, vaqua aux multiples besognes, fit face à toutes les charges, dressa les enfants, n'eut de cesse avant d'avoir

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Escal-Vigor
Escal-Vigor
“Veröffentlicht 1899, ist "Escal-Vigor" des belgischen Schriftstellers Georges Eekhoud eine sehr frühe und gewagte Darstellung von Homosexualität zur Zeit der Jahrhundertwende. Zeitlich vor dem Autor Gide, schreibt Eekhoud einen Roman, der völlig der Liebesgeschichte zwischen zwei Männern gewidmet ist. Interessant dabei ist, dass ihr tragisches Schicksal mit einer gewaltigen Begeisterung geschrieben ist. Homosexualität ist gekennzeichnet als eine "absolute Religion," und in seinem Roman will Eekhoud seine Leser eindeutig konvertieren und reformieren.”
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